Crédit photo: Gare d’Hochelaga, 1880; source: Bibliothèque et Archives publiques du Canada

Ce mois-ci, André Cousineau, notre collaborateur de l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, nous parle du lien vert, autrefois une importante ligne ferroviaire.

En 1875, le gouvernement du Québec fusionne deux compagnies en difficultés financières : le Chemin de fer de la Rive-Nord, pour relier Montréal et Québec, et le Chemin à lisses de colonisation du Nord de Montréal, pour relier Montréal à Saint-Jérôme. Le président de la seconde compagnie n’est nul autre que le conseiller et futur maire d’Hochelaga, Jean-Damien Rolland. La gare de départ sera donc installée à… Hochelaga. La nouvelle entité deviendra la Quebec, Montreal, Ottawa & Occidental Railway (Q.M.O.O.), propriété du gouvernement.

Le 16 septembre 1876, c’est donc d’Hochelaga que partira Le P’tit train du Nord du curé Labelle. La gare était située au nord de Sainte-Catherine et à l’ouest d’Alphonse-D.-Roy. Plus tard, des lignes relieront Hochelaga à Québec, Ottawa et Joliette. Il y a trois départs quotidiens pour Québec et Ottawa et un pour Joliette et Saint-Jérôme. En 1882, le gouvernement québécois vend le Q.M.O.O. au Canadien Pacifique. Celui-ci construira plus tard des ateliers de réparation et de fabrication de wagons dans Hochelaga, qui serviront jusqu’en 1904, lorsque le projet des Ateliers Angus est complété.

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Une autre compagnie vient s’installer à Hochelaga en 1903 : la Châteauguay & Northern. Le train part de la gare Moreau (rue Sainte-Catherine, entre Moreau et d’Alphonse-D.-Roy), contourne l’usine Lallemand, suit la rue Lafontaine, pour ensuite traverser la rue Ontario à la hauteur de Valois. Il passe ensuite derrière le Marché Maisonneuve et, plus loin, longe la rue Souligny. Le train double la voie du tramway reliant Maisonneuve à Pointe-aux-Trembles. Plusieurs usines vont s’installer le long de cette voie ferrée comme Lallemand, B.J. Coghlin, fabricant d’essieux de locomotives, la Biscuiterie Charbonneau et, plus tard, l’usine Lavo.

La voie ferrée fera partie du paysage urbain d’Hochelaga pendant de longues années. Le train passe dans la cour arrière des logements ouvriers du quartier. Au début des années 1960, le transport par camion connaît un développement fulgurant aux dépens du transport ferroviaire. Les voies ferrées deviennent de plus en plus obsolètes. Le Canadien National cessera d’utiliser la voie ferrée entre Moreau et Joliette en 1980, et le tronçon entre Joliette et Vimont en 1997. On enlèvera les voies plus tard.

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La question se pose donc : que faire de cette bande de terrain séparant le quartier en deux? La réponse viendra à partir du départ de l’usine Lavo en 2001. Le gouvernement provincial va s’engager à financer l’achat des emprises ferroviaires. Le premier projet réalisé sera celui de la Place Valois, finalement inauguré en 2004. Puis, de 2004 à 2009, la première phase de la promenade Luc-Larivée de Joliette à d’Orléans. En 2013-2014, on ajoute les tronçons entre les avenus d’Orléans et Jeanne-d’Arc.

La réalisation de la première phase du Lien vert, entre Dézéry et Darling, se fera surtout en 2017. Déjà, en 2015, l’arrondissement va aménager la Place des Réceptions devant l’usine Lallemand et refaire une beauté au Parc Dézéry-Lafontaine, devenu le Parc Sarah-Maxwell en 2017. Ce projet est un bel exemple de collaboration entre l’arrondissement, la Table de quartier, les organismes verts du quartier, et ses citoyens. La seconde phase du Lien vert, entre Joliette et Davidson, a été inaugurée en octobre dernier. Signalons la présence de nombreuses murales tout au long du parcours du Lien vert.