Si les bouquins sont à priori des outils pour apprendre ou se divertir, ils peuvent également être des sources de réconfort pour l’âme. Ces compagnons de route loyaux peuvent-ils réellement se transformer en une trousse de premiers soins? Qu’en est-il de leur usage thérapeutique un peu plus officiel? Dans le cadre de la programmation du patio culturel Hochelaga-Maisonneuve, la facilitatrice en bibliothérapie Katy Roy proposera les activités Bibliothérapie : Soigner nos liens par l’imaginaire (11 juillet) et La Bibliothèque Apothicaire du passant (19 et 26 juillet).

 

Le mieux-être par la littérature

Les gens ont besoin des mots pour s’inspirer, pour changer de perspective et connaître d’autres réalités. Soit. Avec les divertissements « faciles » auxquels ils ont accès, est-ce que les adultes deviennent de plus en plus à court d’imagination? « On s’inquiète beaucoup du manque d’imaginaire chez les enfants, et aussi de la technologie qui empêche le développement de l’imagination… Mais on parle très peu de ce sujet, au niveau des adultes. La bibliothérapie permet de travailler sur des scénarios, des dynamiques et des images; comme il y a une distanciation, on peut créer d’autres possibilités d’être, et la personne peut les adopter », dit-elle. Il s’agit donc de bien plus qu’une simple évasion à travers la littérature. On peut améliorer des situations. « C’est presque un travail anthropologique sur soi-même… On explore beaucoup! Il y a quelque chose de très riche en nous, qu’on ne connaît peut-être pas d’emblée, mais qui se révèle à travers tout cela », précise Katy Roy.

Après avoir fait son baccalauréat et sa maîtrise en littérature, Katy Roy a été libraire pendant dix ans. Elle explique qu’elle aimait bien ce travail, mais que « tout cela ne comblait pas vraiment le besoin d’être en contact avec la personne. » Elle dit aussi qu’elle voulait « utiliser l’imaginaire, pour aider les gens à se comprendre, et à résoudre des conflits. »

Katy Roy a connu la bibliothérapie un peu par hasard. En 2009, alors qu’elle écoute la radio, elle tombe sur une entrevue avec le philosophe Marc-Alain Ouaknin. Elle découvre alors le sujet, et l’ouvrage de ce spécialiste, Bibliothérapie – Lire, c’est guérir. « J’ai été interpellée par le mot “bibliothérapie”.  J’ai tout de suite su que je venais de trouver ce que je cherchais depuis longtemps », explique-t-elle. « C’est une approche chaleureuse et créative, où il y a de l’interaction! »

(Crédit photo: Idra Labrie)

En 2010, elle fonde donc La Bibliothèque Apothicaire, où elle « travaille beaucoup avec l’imagerie mentale », en complément de ses autres services : ateliers de groupe, rencontres individuelles ou résidences. Elle mentionne avec fierté qu’elle est la seule au Québec à offrir cette expertise de façon officielle, et ce, depuis huit ans.

Katy Roy mentionne toutefois qu’il y a une nuance importante à faire, au niveau de la distinction entre les arts-thérapeutes et les facilitateurs(trices) en bibliothérapie. « L’art-thérapie, du moins pour le moment, concerne seulement les arts plastiques et la musique. Même ailleurs dans le monde, la bibliothérapie reste marginale et détachée de l’art-thérapie. » Elle précise aussi qu’il « existe divers ouvrages, formes et pratiques de bibliothérapie ».

 

« Prescription » de mots contre les maux

Avec sa conférence Bibliothérapie : Soigner nos liens par l’imaginaire, Katy Roy présentera donc ce sujet « encore méconnu », en parlant de ses différents aspects. « Je présenterai le travail avec l’imaginaire… Je donnerai beaucoup d’exemples, tirés de rencontres passées et de textes précis. » Une période d’échange et de questions est également prévue.

Les rencontres individuelles de La Bibliothèque Apothicaire du passant auront lieu les jeudis 19 et 26 juillet, de 16 h à 19 h. Ces « petites thérapies », de courtes rencontres axées sur le mieux-être, seront offertes autour d’un thé. La facilitatrice en bibliothérapie choisira un texte adapté aux besoins de chaque personne, en pigeant dans une banque d’environ 80 textes courts. « Le choix de livres se fait de façon intuitive, selon le contexte de la rencontre et la confiance des gens. À partir du dialogue qu’on a, je repère des images et des métaphores, qui me dirigent vers un texte », explique-t-elle. Elle en fera ensuite la lecture à voix haute. Un baume pour l’âme, prodigué par une experte des mots…

On peut avoir plus d’informations sur Katy Roy et ses services juste ici.  À noter que la spécialiste publiera un essai en octobre 2018. Alors, on s’assoit et on lit?

(Crédit photo: Samuel Tessier)

Bibliothérapie : Soigner nos liens par l’imaginaire

Mercredi 11 juillet, 17 h 30 à 19 h

La Bibliothèque Apothicaire du passant

Jeudis 19 et 26 juillet, 16 h à 19 h