Comme le dit l’adage populaire, jamais deux sans trois. Après le succès des deux premières expositions, respectivement Les crèches de mon père en 2017 et joyeuses crèches en 2018, l’artiste Dominick Trudeau revient nous en mettre plein les yeux et nous faire découvrir des crèches du monde entier avec sa nouvelle exposition Jésus, Marie, Joseph… Un monde de crèches à la maison de la culture Mercier. Rencontre avec le créateur de l’exposition, lancée ce 23 novembre et qui se terminera le 12 janvier 2020.

Les fondations de la crèche

« La façon de présenter les choses a changé. Cette année, je voulais me concentrer sur Jésus, Marie et Joseph, car la plupart des crèches sont faites uniquement avec ces trois personnages », explique Dominick Trudeau. « La base, c’est ça. Ça prend ces trois personnages-là pour constituer une crèche; c’est la famille, le papa, la maman et le petit garçon, et c’est surtout la tradition qu’on a par chez nous au Québec. » En effet, dans cette exposition, l’auteur souhaite mettre en avant les différentes formes d’art et les déclinaisons qu’un même sujet peut prendre en fonction des différentes influences de l’artiste.

L’artiste Dominick Trudeau. Photo : courtoisie

« Moi, je suis complètement athée dans la vie. Ce sont les matériaux, l’art, le côté artistique de la démarche, et toutes les formes que l’on peut donner à un même sujet qui m’intéresse », explique le metteur en scène. « Il y a plus d’une trentaine de nouvelles crèches que j’ai acquises cette année et qui proviennent de plus d’une soixantaine de pays. Il y a des artistes de partout dans le monde et diverses représentations parfois bien flyée », poursuit Dominick Trudeau.

« Par exemple, il y en a une que j’ai achetée aux États-Unis et que je voulais absolument avoir. C’est la Negativity Scene (jeu de mots avec Nativity Scene) où tous les personnages sont fâchés et on l’air bête dans la crèche. J’ai également une crèche « hipster » où Marie tient un café de chez Starbucks et Joseph fait un selfie avec le bébé dans la crèche. »

La fameuse Negativity Scene. Photo : courtoisie

Une oeuvre collaborative

Au total, l’oeuvre comptabilise plus de 250 pièces exposées et, comme chaque année, elle ouvre la porte à des collaborations. « Il y a tout juste quelques jours, j’ai reçu la pièce de Pierre Huet, qui est un parolier extraordinaire, mais aussi un spécialiste du « Etch a Sketch » (Ardoise magique) qui est incroyable, alors que moi ça me prendrait 8 ans et demi à faire ça », s’exclame avec humour Dominick Trudeau.

« On fait également une rétrospective des vingt ans de carrière de Garnotte, avec les caricatures qu’il a faites pour Le Devoir et où il a utilisé la crèche pour représenter l’actualité. Dans le même genre, il y a Piet, qui est un caricaturiste de Strasbourg au magazine Rue89 et qui, lui, a fait le lien avec les réfugiés. Sa caricature, c’est au moins une vingtaine de réfugiés tassés dans la crèche. »

La caricature de Piet de Rue89

Un succès presque biblique

À l’image du modèle original, les crèches de Dominick Trudeau ont attiré des dizaines de curieux, en particulier à la maison de la culture Mercier. « L’an passé, il y a plus de 2000 personnes qui se sont déplacées pour voir l’exposition dans la salle d’exposition de la maison de la culture, qui est l’une des plus belles de Montréal. Et ça me touche, car j’ai habité dans le quartier pendant plus de vingt ans », affirme le metteur en scène.

« C’est une collection que mon père avait commencée. Il avait à peu près 200 crèches quand il est décédé. Il les mettait partout dans la maison au mois de novembre. Moi, ça fait 9 ans que je la présente et je suis rendu à 12 000 personnes ayant vu l’exposition. Un vrai centre Bell! », conclut l’artiste avec enthousiasme.

L’exposition se déroule du 23 novembre au 12 janvier 2020 à la maison de la culture Mercier. L’entrée est libre. Pour connaître les horaires, vous pouvez contacter la maison de la culture Mercier au 514 872-8755.