Du 24 février au 8 avril, la salle d’exposition de la maison de la culture Mercier resplendira des oeuvres de l’illustrateur Yayo, dont vous avez probablement déjà vu le travail sans le savoir.

Il faut dire que le Montréalais d’origine colombienne est prolifique : depuis son arrivée dans la métropole il y a trente ans, il a illustré une trentaine de livres et collabore régulièrement à divers magazines en tant qu’illustrateur éditorial (ses dessins ont notamment été publiés dans les pages de L’Actualité pendant presque 30 ans!).

« Ce sont des univers qui se complètent, tout en ayant chacun son bagage particulier », affirme Yayo, né Diego Herrerra. Cette diversité et cette longévité dans sa pratique justifient la tenue d’une exposition rétrospective.

Comme fil conducteur de l’exposition, les visiteurs vivront une ode à la créativité et à la découverte. « Il s’agit de montrer l’importance de l’imaginaire dans nos vies, raconte Yayo avec une passion palpable même à l’autre bout du fil. Et c’est pour ça que j’aime faire des livres jeunesse, parce que dans l’enfance, c’est là qu’on est le plus fort en terme de créativité et d’imagination. » Pour l’illustrateur, ces qualités sont comme des muscles qu’il est important de cultiver, au même titre qu’on brosse soigneusement ses dents tous les jours. « Je pense que c’est important de stimuler notre imagination constamment, de la tenir en forme. »

« C’est une exposition qui cherche aussi à montrer la démarche de création, et donc en plus d’avoir des originaux sur les murs, il y aura des vitrines avec des esquisses et même parfois des objets qui ont servi pour la création des images », explique l’illustrateur. L’exposition s’articule autour de cinq livres qui ont été sélectionnés pour bien représenter l’évolution de l’artiste et pour la variété des techniques et supports utilisés, passant par l’acrylique, l’encre, le collage, la gouache, l’aquarelle, la tablette graphique, la toile et le carton.

Pikiq, le plus récent d’entre eux, se veut une « métaphore de la découverte des arts et de la découverte en général ». Dans À bord de la Grande roue, on accompagne un duo de jeunes frère et soeur qui monte pour la première fois dans une grande roue. Ici aussi, « c’est l’aventure, de faire quelque chose tout seul pour la première fois, de partir en toute liberté ». Keeper of Soles raconte l’histoire d’un cordonnier qui réussit à déjouer la mort qui le visite en lui fabriquant chaque fois une nouvelle paire de chaussures. « C’est amusant en même temps [que ça] traite d’un thème grave, et les images sont très colorées. Il y a un jeu visuel constant avec la thématique des souliers, dans toutes les déclinaisons. »

Quant à The King Who Barked, il contient « une sélection d’histoires vraies d’animaux qui ont été candidats ou élus pour gouverner à travers l’histoire. » On y retrouve une mule, des chiens, et même un rhinocéros!

Le dernier, et non le moindre, s’intitule I Am the Book. Comme son titre l’indique, il s’agit d’un hommage à la lecture et à l’objet du livre à travers un éventail de poèmes composés par des spécialistes en littérature pour enfants. Un clin d’oeil au fait que « l’exposition va avoir lieu dans une maison de la culture qui est dans le même bâtiment que la bibliothèque Mercier. »

Il faut savoir que l’amour que porte Yayo aux bibliothèques montréalaises est immense. « Depuis que je suis arrivé à Montréal il y a 30 ans, les bibliothèques m’ont tout de suite attiré. » Il faut dire que le petit Diego, qui était déjà passionné de bandes dessinées, aurait beaucoup aimé avoir accès à un tel lieu dans sa Colombie natale. À Bogotá, où il a grandi, la meilleure façon de pouvoir assouvir sa soif de lecture était de se rendre au dépanneur, où plusieurs bandes dessinées étaient suspendues à des cordes à linge et que les gens pouvaient louer à prix modique et lire sur place. « Quand on a grandi avec certaines choses, on ne se rend pas compte de la chance de les avoir. On prend ça pour acquis et on en profite moins, parce que les choses sont là. Les bibliothèques sont là, par exemple, c’est normal. Mais ce n’est pas normal partout, d’avoir des bibliothèques accessibles comme ça, accueillantes et riches à côté de nous.»

C’est donc avec un plaisir constamment renouvelé que Yayo anime des ateliers dans les différentes bibliothèques de l’île, depuis maintenant 25 ans. Il donnera d’ailleurs l’atelier Crée ton histoire illustrée le 10 mars prochain à la maison de la culture Mercier, où il témoignera de son parcours et partagera avec les familles présentes sa passion pour la découverte, les images et la lecture. « C’est une façon de redonner, parce qu’en plus ce sont tous des livres que j’ai fait ici, à Montréal », résume Yayo.

Yayo – Illustrateur d’albums jeunesse
Du 24 février au 8 avril 2018
Vernissage le dimanche 4 mars, de 15 h à 17 h
Entrée libre

Atelier animé en présence de l’artiste
Crée ton histoire illustrée
Le samedi 10 mars, à 10 h 30
Entrée libre

Exposition animée pour la semaine de relâche
Lecture de contes et visites animées
Du 5 au 10 mars, entre 12 h et 16 h
Entrée libre