Les artistes Michel Hellman et Jean-François Roy ont en commun cette volonté de nous emmener ailleurs, de nous pousser à voir la poésie en toute chose. L’exposition Plan Nord de Michel Hellman est un portrait du Québec boréal construit avec des sacs-poubelles. Yoshimura et autres variations, de Jean-François Roy, propose des grandes formes d’origami abstrait en carton. Les univers inusités des deux artistes pourront être explorés du 16 septembre au 29 octobre à la maison de la culture Mercier.

Pour l’amour du Nord

D’abord bédéiste, Michel Hellman a lancé en 2013 le Petit guide du Plan Nord (Oie De Cravan) dans lequel il a dévoilé ses premiers paysages en sacs-poubelles. Le livre porte sur notre rapport aux Premières Nations, à l’exploitation des ressources naturelles et au territoire. L’exposition va dans le même sens. L’artiste a eu envie de faire évoluer la réflexion. « J’ai un attachement profond pour le Nord », affirme-t-il. Il ajoute : « Le Nord est une grande richesse. Il est méconnu. J’aimerais que les solitudes entre les gens et les Autochtones soient brisées. »

crédit photo: http://www.accesculture.com/activite/Plan_nord___Michel_Hellman

Michel Hellman a visité les communautés innues d’Ekuanitshit et d’Uashat sur la Côte-Nord. C’est là qu’il s’est procuré les sacs à ordures. Pour lui, cet objet du quotidien est porteur de sens :

« J’étale les sacs avec un fer. Ça ressemble à une peau. Je joue sur le symbolisme autochtone. Le sac est aussi un symbole environnemental. Et ça fait également référence à certaines communautés du Nord où il y a des problèmes d’inhalation d’essence. C’est un symbole de désespoir. »

L’exposition est inspirée de la vision idéalisée du Nord des paysagistes canadiens du siècle dernier (Groupe des Sept), tout en montrant une réalité plus sombre de cette région en transformation. Une touche d’espoir est tout de même perceptible dans ces tableaux en noir et blanc aux formats variés.

Origami géométrique

La passion pour l’origami abstrait de Jean-François Roy a débuté avec sa maîtrise en design de l’environnement (UQAM). Dans le cadre de ses études, l’artiste a fait beaucoup d’expérimentations, de prototypes. C’est avec ce bagage qu’il a créé Yoshimura et autres variations. « Le titre de l’exposition fait référence à un motif particulier de pliage : Yoshimura. Une bonne partie de mes oeuvres sont basées sur ce motif. », explique-t-il.

L’exposition propose des installations, sculptures, et maquettes aux formats variés, en carton plat et ondulé. Jean-François Roy explore les variations de pliages, de même que le potentiel cinétique de différents motifs.

crédit photo : http://www.accesculture.com/activite/Yoshimura_et_autres_variations___Jean_Francois_Roy

Pour apprendre cette forme d’origami plus complexe, l’artiste dit avoir débuté avec des standards : « On peut faire le parallèle avec le langage. On apprend les plis de base, comme on apprend des mots. Ensuite on va plus loin dans l’expérimentation, on peut construire des phrases et plus tard on augmente encore la complexité, on écrit un texte. Avec l’expérience on devient capable de créer des motifs, d’inventer des variations. Quand on change l’échelle de l’origami, on peut générer des espaces. »

L’artiste apprécie le contraste entre la fragilité du médium, le papier, et le résultat final. Le jeu de lumière qui frappe les formes le fascine également. « Ça rend la forme vivante », dit-il. Jean-François Roy pourra transmettre sa passion et ses connaissances au public dans le cadre des Journées de la culture au cours d’un atelier d’origami pour les familles (à partir de 8 ans) qui se tiendra le dimanche 1er octobre à 13 h et 15 h.

Voilà deux expositions intéressantes à mettre à son agenda entre le 16 septembre et le 29 octobre 2017. Le vernissage pour les deux expositions aura lieu le 16 septembre dès 16 h. De quoi stimuler votre envie d’aller vers l’autre et de vous questionner sur la nature de la conception des objets.