Amélie Prévost, la championne du monde de la compétition internationale de slam 2016, et Jacques Thériault, comédien et commentateur sportif, vous invitent à « Richesse des langues, espèces menacées », un rendez-vous lyrique qui vous plongera dans l’univers du slam et de la poésie, les 28 et 29 avril prochains à la maison de la culture Maisonneuve.

La première soirée célébrera la diversité linguistique par la présence de Tamir Aharoni (Champion de slam d’Israël), Salva Soer (Champion de slam d’Espagne), Carmien Michels (Championne d’Europe de slam) et Simon Landry (Champion du monde de slam 2013), entre autres, qui s’affronteront en tournoi pendant trois rondes à partir de 17h. « L’objectif de l’événement, c’est de mettre la poésie, le texte et l’interprète de l’avant, et non pas le tournoi. Le gagnant et le perdant, peu importe au final. On veut transmettre le plaisir du slam aux gens », explique Amélie Prévost, animatrice du tournoi.

Cette compétition amicale s’inscrit totalement dans l’esprit du slam, selon la championne. « C’est une discipline artistique basée sur la communauté et la démocratie », précise l’artiste. L’idée de cet événement est venue de Jacques Thériault, alors qu’il assistait à la compétition internationale de slam en Europe, remportée par sa collègue Amélie Prévost. « Il n’avait jamais vu de slam avant. Il trouvait ça intéressant qu’un gros rassemblement de poètes existe, alors il a voulu en créer un autre d’envergure à Montréal », raconte l’artiste québécoise.

Les règles d’un tournoi de slam sont simples. Chaque poète a le droit à 3 minutes pour livrer son texte. Il n’y a pas de thèmes, ni d’exigences en particulier et le style est tout à fait libre. « Tu peux crier, chuchoter, danser ou mimer, tant que ton texte ne dépasse pas ton temps alloué », explique la championne. L’esprit de communauté du slam transparaît jusque dans la sélection des juges, car ils sont choisis parmi le public. « L’animateur essaie toujours de prendre des initiés au slam pour faire partie du jury, car ils ont un regard nouveau sur le slam », fait remarquer Amélie Prévost.

Le slam, discipline en essor

Bien qu’il s’agisse d’une discipline artistique moins médiatisée que les autres, le slam a gagné en popularité depuis les années 1980. « Tout comme l’improvisation, le slam a été popularisé vers la fin du vingtième siècle et ce, au grand bonheur des profs de français et des parents, puisqu’il s’agit de poésie », renchérit l’auteure. Selon elle, il ne reste plus qu’à montrer au grand public que ce n’est pas une pratique seulement pour les amateurs, même si elle est accessible à tous.

Le slam est une forme d’expression scénique que Prévost recommande à tous les artistes. « Les chanteurs, les comédiens et les humoristes peuvent profiter de la scène du spoken word pour vivre la communication avec le public différemment » mentionne la jeune artiste.

À l’international, le Québec se distingue par la générosité et la qualité de son écriture, selon la championne. Elle croit cependant que la scène slam a intérêt à soigner son écriture pour améliorer la précision de sa pensée. « Comme poète, on a la responsabilité d’utiliser les mots justes. Tu as le droit de choisir des mots simples si ce sont les bons mots, pas si ce sont les seuls que tu as », spécifie-t-elle.

Pour les fervents amateurs de poésie et les curieux, Corps flottants, un recueil de poésie écrit par la slameuse québécoise, sera disponible en mai prochain.