Le 9 septembre dernier, l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve officialisait la nouvelle dénomination du parc Sarah-Maxwell (anciennement le parc Dézéry-Lafontaine) à l’angle des rues Préfontaine et La Fontaine. Notre collaborateur de l’Atelier d’histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, André Cousineau, nous explique comment ce personnage historique a réintégré le grand répertoire toponymique de la ville.

source : http://ville.montreal.qc.ca/sim/histoire/sarah-maxwell-et-lincendie-lecole-hochelaga

Sarah Maxwell était enseignante et directrice de la Hochelaga Protestant School. Le 26 février 1907, elle périt dans l’incendie de l’école en tentant de sauver plusieurs jeunes enfants. L’école est rebâtie et renommée Sarah Maxwell Memorial School. En 1951, elle devient l’école Malvina-Marchand de la CECM. Celle-ci cesse ses activités en 1981. Une coopérative d’habitation est formée pour habiter l’école, mais malheureusement le toit s’effondre et on doit tout reconstruire. Il ne reste alors donc plus de lieux rappelant la mémoire de Sarah Maxwell dans le quartier.

En 2016, la Ville de Montréal lance le programme Toponym’elles pour augmenter la banque de noms féminins dans la toponymie. En février l’an dernier, Michel Roy, directeur de La Table de quartier Hochelaga-Maisonneuve et ancien membre de la coopérative d’habitation, propose au comité de toponymie de l’arrondissement de rebaptiser le parc Dézéry-Lafontaine : parc Sarah-Maxwell-Malvina-Marchand. Après discussion, le comité s’entend pour ne retenir que le nom de Sarah Maxwell, ce qui est accepté à la séance du 27 octobre.

Le 28 février 2017, à son tour, le comité de toponymie de Montréal accepte la recommandation. Parallèlement, le comité de toponymie de l’arrondissement travaille sur un texte à inscrire sur le panneau de signalisation.

Sur les traces de Sarah Maxwell

Pour faire avancer le dossier le plus rapidement possible, il est recommandé de tenter de retracer le maximum de membres de la famille. C’est alors qu’au début avril, l’Atelier d’histoire va créer une page Facebook Looking for Sarah Maxwell descendantsprésumant que ceux-ci sont majoritairement anglophones. L’Atelier d’histoire reçoit également l’aide de Robert N. Wilkins, auteur d’un article de référence sur la tragédie de 1907. Très rapidement, plusieurs Maxwell s’abonnent à la page Facebook et sont enchantés qu’un parc puisse porter le nom de leur arrière-grand-tante.

Une généalogiste de Colombie-Britannique nous aidera à retracer des membres des Williams, famille de la sœur et du beau-frère de Sarah, qui habitent la région de Winnipeg. Nous avons l’impression de nous livrer à un véritable travail de détective pour trouver le maximum de descendants possible.

Le 16 mai, la recommandation du changement de nom est adoptée par le conseil de la Ville de Montréal. Par la suite, l’arrondissement a organisé la cérémonie de dénomination officielle du parc Sarah-Maxwell le 9 septembre 2017. Pendant l’été, la page Facebook a été alimentée par des recherches sur Sarah Maxwell et sa famille et des contributions de descendants.

Mission accomplie

Le grand jour arrive et une trentaine de descendants assistent à la cérémonie en provenance du Québec, de l’Ontario et du Manitoba. Après les allocutions officielles, une courte visite guidée du milieu de vie et de travail de Sarah Maxwell est organisée et les descendants se dirigent vers le Cimetière Mont-Royal où Sarah Maxwell et plusieurs membres de sa famille sont inhumés.

Après presque 18 mois de travail, nous pouvons dire « mission accomplie »! Nos efforts ont été récompensés. Il suffisait de voir la fierté et l’émotion ressenties par les descendants de Sarah Maxwell durant la cérémonie du 9 septembre.