Photo : La caserne Letourneux, qui sert aujourd’hui de centre d’entraînement pour l’Impact de Montréal, à l’angle de Letourneux et Notre-Dame

Après un petit tour d’horizon des rues de Mercier et de leurs histoires en novembre dernier, notre collègue André Cousineau de l’Atelier d’histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve nous présente cette fois-ci quelques rues marquantes d’Hochelaga et de Maisonneuve!

La rue Valois et la place Simon-Valois

Cette rue et cette place rappellent la mémoire de Simon Valois (1791-1866). Il est d’abord connu comme ayant fondé une tannerie dans le quartier Saint-Antoine. En 1837, il lègue son entreprise à son neveu et s’établit dans ce qui deviendra la ville d’Hochelaga. Il fait l’acquisition de plusieurs lots et se fait construire une immense maison sur la rue Notre-Dame à la hauteur de la rue Nicolet.

Il est surtout connu pour le don d’un terrain, en 1857, aux Sœurs des Saints Noms de Jésus pour la construction de la nouvelle maison-mère, d’un couvent et de la chapelle du couvent. Les installations sont inaugurées en 1860. Une condition était sûrement que le fils de Simon Valois, Louis-Étienne-Avila, séminariste, devienne, une fois admis à la prêtrise, le premier chapelain du couvent. Celui-ci le sera de 1860 à 1867. Simon Valois meurt en décembre 1866 et est inhumé dans la crypte de la chapelle du couvent. Les actuelles rues Valois, Nicolet et Joliette traversent son immense terre.

L’avenue Desjardins

Cette rue est nommée en l’honneur d’Alphonse Desjardins (1841-1912) qu’il ne faut pas confondre avec l’Alphonse Desjardins des Caisses populaires. En décembre 1883, il est en tête des signataires de la requête pour détacher la partie est de la ville d’Hochelaga pour en faire la ville de Maisonneuve.

Alphonse Desjardins est propriétaire de la Montreal Terra Cotta Lumber Co., une tuilerie qui se trouvait au pied du côteau Sherbrooke, aujourd’hui l’édicule du métro Pie-IX.

Il est à la tête d’un groupe familial qui possède l’immense lot #14 de Maisonneuve. Ce lot comprend la partie est de la rue Jeanne-d’Arc et les rues Pie-IX et Desjardins, du fleuve jusqu’aux limites nord de Maisonneuve. Il est divisé majoritairement en parcelles destinées à la construction résidentielle. Cependant, plusieurs industries s’installeront sur ce lot comme la St. Lawrence Sugar et l’American Can. Desjardins donnera le terrain nécessaire à la construction de l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus. Le nouvel hôtel de ville, rue Ontario, est également érigé sur ses terres.

La famille Desjardins est représentée au conseil municipal par le fils d’Alphonse, Hubert Desjardins, qui sera maire de 1894 à 1896 et de 1897 à 1901, puis conseiller jusqu’en 1904. Le gendre de Desjardins, L.J.S. Morin, sera l’avocat de la ville pendant plusieurs années.

L’avenue Letourneux

Cette avenue honore la mémoire de Charles-Henri Letourneux, qui, avec son frère Jean-Théophile, possédait la terre sur laquelle cette rue est tracée. Il est très actif comme promoteur foncier. Il est un marchand spécialisé dans l’importation et le commerce de gros d’articles de quincaillerie. Avec son frère, il a fondé la maison Letourneux & Co.

L’avenue Letourneux deviendra rapidement l’une des rues principales de la première phase du développement de Maisonneuve. C’est à l’angle de celle-ci et de Notre-Dame que la ville de Maisonneuve construira son premier hôtel de ville. Après l’inauguration du nouvel hôtel de ville en 1912, la ville décidera d’y construire la caserne #2, inaugurée en 1915. Cet édifice existe toujours et sert maintenant de centre d’entraînement pour l’Impact de Montréal. Tout près, la rue LaSalle sert de terminus pour les tramways partant en direction est.

L’avenue Letourneux est également célèbre car, de 1934 à 1938, Mary Travers (La Bolduc) y aménage, au 1462. Après un court séjour sur la rue Panet, elle passera la dernière année de sa vie au 529 de la même avenue. La première maison existe toujours, mais la seconde est aujourd’hui disparue.