En 2018, nous allons beaucoup entendre parler de l’Institut du radium, autrefois installé dans l’ancien hôtel de ville de Maisonneuve, car un film sur La Bolduc, mettant en vedette Debbie Lynch-White dans le rôle-titre, sortira sur nos écrans dans les mois qui viennent. Mary Travers (La Bolduc) meurt le 20 février 1941 à l’Institut du radium après plusieurs années de traitement pour y soigner un cancer. André Cousineau, notre collaborateur de l’Atelier d’histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, nous raconte l’histoire derrière cet institut.

Après l’annexion de Maisonneuve, on cherche une vocation à l’hôtel de ville. Il sert pendant quelque temps à la CÉCM. En 1926, l’Institut du radium, affilié à l’Université de Montréal, vient s’y installer.

On ne peut rédiger un article sur l’Institut du radium sans parler du docteur Joseph-Ernest Gendreau, fondateur de cet institut. C’est à l’Université de Paris que le docteur Gendreau obtient son diplôme de médecin. Il s’initie à la radiologie avec le célèbre docteur Antoine Béclère. Après ses études, il travaillera pendant quelques années à Paris. À la fin de la Première Guerre mondiale, il est même chef du laboratoire du gouvernement militaire de Paris. En 1920, il revient à Montréal où il participe à la création de la Faculté des sciences de l’Université de Montréal. Il est alors, avec le docteur Georges Baril, fils du docteur Georges-Edmond Baril, ancien président de la Commission scolaire d’Hochelaga, l’un des plus éminents membres de cette faculté. En 1922, il fonde l’Institut du radium qu’il dirigera pendant 23 ans. Cet institut est créé peu après le dépôt à l’Université de Montréal d’un gramme et quart de radium en provenance du gouvernement du Québec. Le gouvernement du Québec en demeure propriétaire.

Peu de temps après son ouverture, l’Institut s’affilie à l’Institut de radium de Paris et à la Fondation Curie. Il devient la première filiale de cette dernière. L’objectif de l’Institut est donc d’utiliser le radium dans le traitement de diverses formes du cancer, mais aussi de former des radiologistes.

Le docteur Gendreau devient rapidement une sommité mondiale en radiologie. Il représente l’Institut à de nombreux congrès internationaux de radiologie et de cancérologie. En mars 1941, il reçoit le mandat, de la part de l’Organisation panaméricaine de la lutte contre le cancer, d’organiser cette lutte partout au Canada. Dans un fascicule publié en 1943, « Cent cas de cancer traités et apparemment guéris à l’Institut du radium de Montréal », le docteur Gendreau explique les méthodes pour guérir certains cas. En 1935, cet institut spécialisé dans le traitement du cancer, le seul du genre au Québec, compte à son service trois radiologistes et deux autres spécialistes à plein temps. Les Sœurs Grises assurent le service hospitalier et la gestion du personnel subalterne. De sa fondation à sa fermeture en 1967, l’établissement prodigue des soins à plus de 67 000 patients.

L’Institut ferme ses portes en 1967, principalement parce que le radium n’est plus utilisé dans le traitement du cancer et qu’il n’est plus à la fine pointe de la technologie de l’époque.

Le docteur Gendreau meurt à Montréal le 5 juin 1949.