Notre collaboration mensuelle avec l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se poursuit ce mois-ci avec un regard en chiffres sur l’évolution du quartier Mercier de 1961 à 2011. Comme nous l’illustre ici M. André Cousineau, le territoire de l’Est de MHM a connu de nombreux changements au cours de ces cinq décennies, certains en phase avec la société québécoise et d’autres… plutôt surprenants !

Depuis 1961, les recensements nous permettent de compiler des statistiques sur la population de chaque secteur de Mercier. La partie de Mercier au sud de la rue Sherbrooke est couverte par les secteurs 1 à 13. Les secteurs 190 à 195 couvraient pour leur part Louis-Riel et une partie de Rosemont-La Petite-Patrie. À partir de 1991, ces secteurs sont divisés de telle façon que nous pouvons faire correspondre les statistiques au territoire de Mercier (voir la carte ci-contre).

La période de 30 ans entre 1966 et 1996 a été synonyme d’une chute draconienne de population. En tenant compte des deux secteurs maintenant partie de Rosemont, la population de Mercier a connu une perte sèche de 50 878 personnes (133 817 – 82 939) dont près de 30 000 uniquement dans la période de 1961 à 1966. Les causes sont faciles à expliquer : construction du pont-tunnel et destruction du noyau du village de Longue-Pointe, désindustrialisation, chute du taux de natalité, etc. À partir de 1996, on assiste à une lente remontée. Entre 1996 et 2011, la population de Mercier a grimpé de 13 % (75 643 à 85 469). Entre 2001 et 2011, le champion de la hausse est le secteur #11 (+34,9 %) et celui de la baisse, le secteur 12.01 (-8,3 %).

Hausse allophone notable

Sur le plan linguistique, la population francophone a connu une légère baisse de 1961 à 2011 (82,7 % à 77,8 %), la population anglophone a fondu (13,4 % à 3,7 %) tandis que la proportion d’allophones est passée de 3,9 % à 18,9 %. Sur le plan des langues des minorités, les plus importantes sont l’espagnol, l’arabe et l’italien.

La population de Mercier vieillit. De 1961 à 2011, la proportion des 0-14 ans est passée de 32 % à 13,3 % tandis qu’à l’inverse, la population des 65+ est passée de 5,2 % en 1961 à 17,8 % en 2011. De plus, le pourcentage de personnes vivant seules a explosé : de 2,7 % en 1971 à 20,4 % en 2011.

Une autre caractéristique de la population de Mercier est l’augmentation de la scolarisation de ses habitants. De 1996 à 2011, les personnes sans diplôme sont passées de 38,3 % à 23,9 % tandis que celles ayant un diplôme du secondaire grimpent de 18,1 % à 22,8 %, celles ayant un diplôme de métiers passent de 3,6 % à 14 % et les diplômes universitaires de 17,9 % à 23,9 %.

En 2011, 40 605 personnes faisaient partie de la population active de 15 ans et plus. Trois secteurs d’activité (commerce, santé et services sociaux et fabrication) comptaient pour presque 40 % des travailleurs.

Depuis 1961, les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail. En 2011, 56,8 % des femmes de 15+ travaillent tandis que cette proportion est de 64,7 % pour les hommes. Le taux de chômage était légèrement plus élevé chez les hommes (8,1 %) par rapport aux femmes (7,0 %).

De plus en plus de gens sont propriétaires. Depuis 1961, la proportion des propriétaires est passée de 32,1 % à 39,9 %. La population de Mercier est plutôt stable. La majorité de la population n’a pas déménagé depuis 5 ans (57 %). Un autre indice de stabilité est le fait que 65,8 % de la population habitent le quartier depuis la 3e génération et 12,2 % depuis la 2e génération.

L’augmentation du revenu des habitants de Mercier est constante. En 20 ans, soit de 1991 à 2011, le revenu moyen des ménages est passé de 37 771 $ à 54 955 $ (+45,5 %). Le secteur de recensement le plus favorisé est le #192 et le plus défavorisé est le #12.02. Cependant, cette réalité cache le fait que le pourcentage de personnes à faible revenu reste important à Mercier : 21,1 %.

L’auteur de cet article donnera une conférence-diaporama sur le même sujet à la bibliothèque Mercier, dimanche le 23 avril à 14 h.