Notre collaboration mensuelle avec l’Atelier d’histoire Mercier–Hochelaga-Maisonneuve se poursuit, et ce mois-ci nous nous penchons sur les transformations de la paroisse de La Nativité, qui célèbre ses 150 ans. M. André Cousineau, auteur de ce survol historique, nous parle des événements marquants de cette paroisse.

La naissance d’une paroisse

La paroisse de La Nativité fête cette année son 150e anniversaire. Créée en 1867, la paroisse avait les limites suivantes : Iberville à l’ouest, Rosemont au nord, Viau à l’est et le fleuve au sud. Cependant, l’histoire de la paroisse commence bien avant cette date. En 1828, Jean-Baptiste Dézéry fait don d’un terrain situé sur la rue Dézéry pour la construction d’une chapelle. La construction débute l’année suivante. La chapelle est bénie en septembre 1838 et portera le nom Chapelle du Courant Ste-Marie puis Chapelle de La Nativité. Elle sera utilisée jusqu’en décembre 1875, moment où elle est incendiée.

source: http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/4377?redirect_doc=true

En 1867, à Montréal, seule la paroisse de Notre-Dame existe. L’évêque de Montréal, Mgr Bourget, souhaite établir de nouvelles paroisses, dont La Nativité. Les Sulpiciens, responsables de Notre-Dame, refusent qu’elle soit en partie démembrée. L’affaire se rendra jusqu’à Rome où le pape donne raison à l’évêque. C’est pour cela que la paroisse de La Nativité ne sera érigée canoniquement qu’en 1874. L’année suivante, trois propriétaires terriens, Victor Hudon, Joseph Léveillé et Gilbert Provost donnent le terrain nécessaire à la construction de l’église, et les travaux débutent en 1876. L’église sera construite à 50 pieds de la rue Ontario selon les plans de Joseph Michaud, clerc de St-Viateur et architecte. L’église est bénie le 29 avril 1877. Vers la fin des années 1890 et au début des années 1900, nous savons que de grandioses concerts sont donnés le jour de Pâques. Le programme est publié dans les journaux. D’ailleurs, l’église est dotée d’un magnifique orgue Casavant de quatre claviers et 44 jeux.

Incendies et reconstruction

La première église sera malheureusement incendiée le 29 avril 1921 et seuls le clocher et la façade résistent. On reconstruit l’église au coût de 364 768 $ et les travaux vont durer quatre ans. Le curé Georges-Marie Lepailleur désire donner à la seconde église une allure grandiose car, dit-il, « rien n’est trop beau ni trop riche pour le Bon Dieu ». Les travaux sont confiés à Dalbé Viau et Louis-Alphonse Venne.

La nouvelle église se caractérise par un campanile monumental de 80 mètres abritant cinq cloches. Le portail central loge la statue de Marie dite Porta Coeli en plus de la façade qui évoque la Transfiguration.

L’intérieur est de style romano-byzantin : forme rectangulaire sans transept, déambulatoire qui entoure le chœur, et maître-autel décoré de mosaïques et les arcades.

Ce qui constitue le principal intérêt de cette église est la présence d’une frise de plus de 2 mètres de hauteur qui orne tout le pourtour de la nef et du sanctuaire. On retrouve plus de 320 personnages, grandeur nature, fabriqués en plâtre et en poudre de marbre délayée dans de la colle. Intitulée l’« Apothéose de la Vierge Marie », elle comprend 27 tableaux qui évoquent la vie de la Sainte-Vierge, les instituts religieux, les évêques et les fondateurs de Montréal.

source : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=169065&type=bien#.Wbl5PNPyjoA

En plus de l’incendie de 1921, un autre malheur frappe la communauté : le 9 janvier 1927, le cinéma Laurier Palace est incendié et 78 enfants y trouvent la mort. Deux jours plus tard, les funérailles de 39 des victimes ont lieu à La Nativité devant des dizaines de milliers de personnes. En 1964-1965, Guido Nincheri réalise 14 verrières consacrées à la Vierge.

Un élément moins connu de l’histoire de La Nativité est l’existence, de 1933 à 1943, de la manécanterie Les Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

En terminant, mentionnons que le 10 septembre dernier, la Ville de Montréal et l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ont inauguré la place des Tisserandes, située devant l’église.