Notre collaboration mensuelle avec l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve se poursuit, et ce mois-ci nous abordons le sujet des cinémas d’époque dans l’arrondissement. M. André Cousineau, auteur de ce survol historique, nous parle également des premiers cinémas dans l’Est de Montréal!

L’histoire du cinéma commence à Montréal avec la première projection à l’édifice Robillard (incendié l’an dernier) de la rue Saint-Laurent le 27 juin 1896. La suite est le fait de projectionnistes itinérants qui vont présenter des films partout dans la province. Les deux plus célèbres sont la comtesse de Kerstat et son fils, le vicomte d’Hauterives, qui apportent de France l’Historiographe, des spectacles commentés voulant enseigner l’histoire universelle. La première tournée québécoise débute le 5 novembre 1897. Le 15 du même mois, les élèves et pensionnaires du Couvent Hochelaga pourront assister à la première projection cinématographique dans le quartier avec, à l’affiche comme film principal, « La vie de N.S. Jésus-Christ ».

À l’angle de Notre-Dame et Pie-IX, a existé, de 1900 à 1906, un parc d’amusements, le parc Riverside. En plus de spectacles de variété et de numéros de cirque, l’on commencera à projeter des films à partir de la fin juin 1902. Après la fermeture annoncée du parc Riverside à l’été 1906, le directeur artistique, Albert Read, désire continuer à présenter des films. Il loue la salle communautaire qui se trouvait derrière l’ancienne caserne de pompiers (aujourd’hui le centre d’entraînement de l’Impact). Ouverte en octobre 1906, elle portera le nom de « Readoscope ».

Comme la ville de Maisonneuve refuse d’ajouter de la climatisation pour l’été 1907, Albert Read décide de faire ériger une véritable salle de cinéma et confie le projet à Charles-Aimé Reeves. Le cinéma est inauguré le 9 novembre 1907 et comptait entre 800 et 1 000 places. Le billet coûtait entre 10 et 25 sous. Un programme complet est présenté à 20 h 15 tous les jours avec matinées le jeudi, samedi et dimanche à 14 h 30. En plus de films, on présentait des spectacles de vaudeville, des numéros d’acrobatie, et même des combats de boxe. La salle sert aussi pour des assemblées électorales. Le 28 juillet 1910, on souligne les performances du club de crosse Le National qui joue au stade occupé aujourd’hui par le parc Ovila-Pelletier. Le cinéma passe difficilement à travers les débuts de la Première Guerre mondiale et ferme vers la fin de 1915.

Readoscope

 

 

 

 

 

 

 

Les autres cinémas du quartier étaient le Théâtre Empire, angle Aylwin et Sainte-Catherine (1907-1914), le Laurier Palace (1912-1927), dont l’incendie causa la mort de 78 enfants. En 1928, le gouvernement provincial interdira le cinéma aux enfants de moins de 16 ans jusque dans les années 1960. On trouvait également le Théatre Maisonneuve (1917), à côté de l’actuel CLSC, et le Lord Nelson (1917), Sainte-Catherine et Bourbonnière.

En 1919, s’ajoutait le Théâtre Napoléon sur Ontario, devenu l’Orléans (1919-1963). Le plus magnifique des cinémas du quartier était cependant le Théâtre Grenada (1930), dont la décoration intérieure est l’œuvre d’Emmanuel Biffra. Ce cinéma devient le Théâtre Denise-Pelletier en 1977. En 1948, la chaîne Odéon ouvrit le Mercier, sur Sainte-Catherine, angle LaSalle. Ce fut le dernier cinéma à fermer en 1985 avant que n’ouvre le Star Cité en 2000.

Théâtre Napoléon

 

 

 

 

 

 

 

Dans Mercier, ce ne sera qu’en 1954 qu’ouvre le Cinéma Capri devenu le Paradis en 1974. Il ferme ses portes en 2009.

À l’heure des plateformes numériques où les films sont facilement accessibles partout et en tout temps, certains vous diront que rien ne vaut un bon film dans un cinéma en mangeant un popcorn avec du beurre! Bon cinéma!