Richard Gougeon est un auteur de romans à succès. Après Laura Secord et Les femmes de Maisonneuve, il vient de publier ces deux dernières années la trilogie L’épicerie Sansoucy et le premier tome du roman Le bonheur des autres dont les intrigues se déroulent dans Hochelaga-Maisonneuve.

Culture MHM: Comment vous est venue l’idée d’écrire la trilogie L’épicerie Sansoucy?

Richard Gougeon : L’épicerie Sansoucy dont je parle se situait dans le quartier Maisonneuve, le petit patelin d’enfance de mon père. J’ai voulu recréer un peu l’atmosphère du faubourg, les commerces, le quotidien de ses habitants, la clientèle du magasin et la vie mouvementée d’une famille aux personnages colorés, inspirés de membres de ma famille. D’ailleurs, le nom même de Sansoucy me faisait sourire et il évoquait pour moi des situations aux savoureux rebondissements.

MHM: Donc les personnages du roman ne sont pas inspirés de la véritable famille Sansoucy.

R. G. : Non, absolument pas! Je voulais éviter de tomber dans la vraie histoire et de compromettre les membres de la famille Sansoucy. Ce qui n’était pas le cas avec Jeanne Mance ou Marguerite Bourgeoys, sur qui j’ai écrit des biographies romancées très documentées. Je sais que leurs enfants ne me poursuivront jamais… Cela dit, ces bouquins ont été rédigés dans le plus profond respect de ces grandes pionnières de la Nouvelle-France.

 

MHM: Est-ce que les lieux invoqués dans L’Épicerie Sansoucy comme La Belle au bois dormant, l’Ontario Snack Bar, la pharmacie Désilets, la blanchisserie Lee Sing ont réellement existé?

R.G. : D’abord, l’épicerie Sansoucy a bel et bien existé sur la rue Adam, entre Jeanne d’Arc et Orléans. C’était la «grocery» fréquentée par ma grand-mère. Il en est de même pour la blanchisserie Lee Sing, sur Adam également, et pour la pharmacie Désilets (coin Adam et Bourbonnière, selon mes souvenirs). Par contre, le snack bar près de la voie ferrée est fictif (quoiqu’un casse-croûte ait très bien pu exister dans ces parages-là) et La Belle au bois dormant est le fruit de mon imagination. Encore là, la réalité dépasse parfois la fiction…

MHM : Lors de vos recherches pour L’Épicerie Sansoucy et Le Bonheur des autres, dans quelles circonstances et pourquoi avoir contacté l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve?

R.G. : Je m’étais d’abord adressé à la Société historique de Montréal – dont je suis membre. L’archiviste m’a alors recommandé de poursuivre mes recherches auprès de l’Atelier parce que les renseignements seraient plus abondants et plus pertinents aux quartiers où se déroulaient mes histoires. D’ailleurs, à l’Atelier, j’ai reçu un accueil chaleureux et un appui important au niveau des sources d’information et pour la validation de mes textes. Cela me permettait de respecter les aspects géographiques et historiques de mes romans. J’en profite pour remercier mes deux collaborateurs : Réjean Charbonneau et André Cousineau.

MHM: Que dire maintenant du premier de trois tomes du roman Le Bonheur des autres?

R.G. : En ce qui concerne Le bonheur des autres, qui vient de paraître, une vieille dame m’a raconté la vie de ses parents originaires de la Gaspésie et devenus résidents d’Hochelaga. Elle s’est livrée avec confiance et générosité, sachant que je bâtirais un roman à partir de son récit. Ça, c’est une autre histoire…


Entrevue réalisée par André Cousineau de l’Atelier d’histoire Mercier-Hochelaga-Maisonneuve
Les romans de Richard Gougeon sont publiés par Les Éditeurs Réunis
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