Dans le cadre d’une bourse décernée à l’initiative du Conseil des arts de Montréal, en collaboration avec la Direction des bibliothèques de Montréal et l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), l’écrivain Joël Casséus « habitera » la bibliothèque Langelier pour plusieurs mois. Cette résidence d’écriture offrira aux usagers la possibilité de rencontrer l’auteur dans des activités de création et de discussion. Casséus perçoit le projet comme « un prolongement de la volonté des bibliothèques de créer des espaces d’activités par le biais de la médiation culturelle ». Pour ce dernier, « la médiation culturelle permet de transformer les usagers en producteurs de la forme artistique ». Il le dit spontanément : « C’est très proche de mes valeurs ; les usagers ne sont plus seulement passifs, mais peuvent aussi apprendre, devenir eux-mêmes des créateurs. On y retrouve un réel potentiel de transmission ».

Lors de l’entrevue, l’auteur a mis l’accent sur l’aspect inclusif et universel de son projet. « Pour moi, ce qui est le plus important, c’est de faire comprendre que ça s’adresse à tout le monde. N’importe qui peut écrire et je serais très heureux de rencontrer tout le monde pour transmettre cette passion. Je souhaite plus que tout redistribuer le pouvoir créatif et faire entendre les voix de ce quartier que j’habite depuis très longtemps ». Dans les ateliers de création proposés, les participants seront invités à écrire sur ce qui leur est connu. Casséus souligne que « ce sont des ateliers pour tout le monde, pas uniquement pour les écrivains confirmés. Les participants vont pouvoir constater ce qui change quand on écrit. La plupart du temps, on commence par parler de notre vie quotidienne et le fait de la mettre par écrit permet un détachement. On prend davantage conscience des forces autour de nous. »

Au départ, la résidence se concentrera sur la vie des gens du quartier, avec pour objectif de faire émerger des voix du quartier. C’est ce que Joël Casséus a souhaité, au moment d’organiser la résidence, soit de faire sortir cette essence du quartier et arriver à transmettre l’expérience de la vie de tous les jours dans ce quartier hétérogène et très particulier, habité depuis toujours par un esprit qui ne l’a jamais quitté. « Pour moi, cela amène une grande légitimité à l’expérience ».

Dans cet esprit d’intégration, le lancement du prochain roman de l’auteur se fera justement à la bibliothèque Langelier à la mi-octobre. Il se dit très heureux que le hasard ait voulu que ce projet d’écriture se soit terminé avant sa résidence puisque cela lui a permis d’ajouter de nouvelles cordes à son arc et dont les participants tireront bénéfice. « Je suis vraiment content de faire le lancement à la bibliothèque puisque ça va permettre d’intégrer encore davantage les participants dans le processus ».

Le programme de la résidence, outre les ateliers d’écriture, comprend également des discussions autour de thèmes que l’auteur connaît très bien : « Le rôle de l’écriture », « De Faulkner à Lovecraft : méthode et conseils d’écriture » et le dernier, « Du premier jet à l’œuvre : les enjeux de la réécriture ». Des séances de révision de texte seront également proposées, en plus de séminaires réservés aux usagers qui auront présenté une demande. Le projet sera empreint d’une grande ouverture sous la gouverne de Joël Casséus qui conclut sur ces mots : « Pour moi, le plus important dans le processus d’écriture, c’est le plaisir qu’on peut en tirer. La condition sine qua non est de s’amuser. J’espère que les participants sauront aussi trouver ce plaisir-là. J’espère aussi que cela leur permettra de voir la mise en scène derrière le livre et qu’en créant, ils puissent constater que la création n’est pas exclusive à l’art, elle est un peu partout. »

Apprenez-en plus sur les divers ateliers organisés dans le cadre de la résidence d’écriture de Joël Casséus à la bibliothèque Langelier !