Dans le cadre d’une bourse décernée à l’initiative conjointe du Conseil des arts de Montréal, de la Direction des bibliothèques de Montréal et de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), l’écrivain Joël Casséus a investi la bibliothèque Langelier depuis le mois de septembre 2016. Au cours de cette résidence qui s’achèvera en février 2017, il a eu l’occasion de rencontrer les usagers de la bibliothèque dans les rayons, et au cours de différents ateliers d’écriture. A mi-parcours, il dresse un début de bilan positif de sa résidence.

« Le projet de résidence, nous rappelle Joël Casséus, s’est articulé autour de l’idée de produire un recueil de nouvelles produites par les usagers de la bibliothèque Langelier. C’est en ce sens que la résidence est une médiation culturelle, puisque l’écrivain agit comme celui qui cherche à assurer cette transformation de lecteur à créateur. » En partenariat avec les bibliothécaires, une formule combinant des ateliers de création littéraire hebdomadaires ouverts à tous, où les usagers apprennent des méthodes d’écriture, et une série de quatre séminaires à inscription se structurant autour d’un thème et d’une appréciation collective d’une nouvelle d’un participant a été mise en place. La résidence s’articule également autour de conférences mensuelles sur des « sujets particuliers, afin de stimuler la réflexion autour de la littérature, mais aussi de faire connaître le projet aux usagers. »

Jusqu’ici, l’accueil du public, estime Joël Casséus, a été très favorable. On remarque une réelle envie d’écrire, combinée à une humilité et une résilience, indispensables selon lui à l’exercice.  Il ajoute se sentir très privilégié d’avoir pu voir à l’œuvre des « imaginations plurielles, échanger avec des usagers qui enrichissent les discussions et d’ainsi avoir parfois eu l’expérience de créer spontanément des idées d’histoires de façon impromptue. » Dans le contexte de la création littéraire, travailler un texte et le soumettre à un groupe de lecteurs impose un travail collectif, une réflexion autour de la méthodologie, et ouvre des pistes d’amélioration.

« Écrire, conclut-t-il, c’est apprendre à réduire l’étrangeté de l’autre, je pense que c’est une formule de Bakhtine. Je pense que c’est très vrai, et je pense aussi que nous nous enrichissons à apprendre des autres, apprendre ce qu’ils veulent raconter. La médiation culturelle est en ce sens un moyen que la littérature – trop souvent considérée comme pure distraction ou objet d’une appréciation esthétique pour une frange de la population – révèle son caractère pragmatique qui permet de nous rapprocher les uns des autres. »

Dans le calendrier, les ateliers arrivent à leur fin, et la partie séminaire commence. Les prochains séminaires auront lieu les mardis 13 et 20 décembre, et porteront successivement sur les thématiques de l’allusion et l’absurde, les personnages et le décor. Quant à la prochaine et dernière conférence, elle aura lieu le samedi 21 janvier à 13 h, et portera sur la littérature québécoise et l’américanité. L’accès aux ateliers, séminaires et conférences est gratuit et ouvert à tous.

Pour en savoir plus sur les activités réalisées dans le cadre de la résidence d’écriture de Joël Casséus à la bibliothèque Langelier !