Le 17 novembre, c’est à l’angle des rues Dickson et Notre-Dame, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, qu’Ankh One, l’un des artistes du collectif A’shop, a dévoilé les fruits de plusieurs semaines de travail créatif. Cette initiative visant à promouvoir la création artistique s’inscrit dans un désir d’embellir le décor urbain de la métropole, en plus d’aider à développer le regard critique des Montréalais. Entrevue avec l’un des instigateurs du projet, Gavin MacGregor.

  1. D’où est partie l’idée d’une murale jouxtant la station de pompage dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve?

«Nous avons proposé cette murale à la suite d’un appel d’offres de la part du Bureau d’Art Public de Montréal. Le concours s’est inscrit dans une démarche qui vise à promouvoir la qualité des interventions qui sont réalisées en milieu urbain, à soutenir et à mettre en valeur la création artistique, à faciliter l’accès à l’art dans l’ensemble des quartiers montréalais, à augmenter le sentiment de fierté et d’appartenance à la ville ainsi qu’à développer le sens critique du public.»

«La réalisation d’une murale à l’intersection des rues Dickson et Notre-Dame (côté nord-ouest de Dickson) vient répondre à un besoin criant de manifestations artistiques dans le secteur. Elle offre aux citoyens, notamment aux camionneurs, aux ouvriers et aux travailleurs portuaires, une occasion d’être en contact avec l’art au quotidien.»

  1. Vous êtes combien d’artistes à participer à l’élaboration de la murale et quelle est la force créative de chacun?

«Un seul de nos artistes a participé à la création de cette murale, soit Ankh One. Il est très doué en maquettes Photoshop, un talent nécessaire pour gagner le concours. De plus, il a une affinité particulière pour les compositions abstraites. On voulait prendre une direction plus abstraite et éclatée pour ce projet afin d’adopter une approche plus vivante et dynamique sur un thème qui était très généraliste à la base, à savoir le thème de l’eau.»

  1. Combien de temps vous aura-t-il été nécessaire pour achever l’œuvre?

«La murale nous a pris onze jours de peinture ainsi que près de deux semaines de travail de recherche, d’idéation et de maquettes.»

  1. Pouvez-vous nous décrire, dans vos mots, l’intention artistique, la thématique centrale au cœur de l’œuvre ainsi que les dimensions de l’œuvre?

«L’artiste a choisi de réaliser une œuvre abstraite et métaphorique sur le thème de l’eau. Il a souhaité représenter l’eau sous différentes formes et couleurs. En effet, si le mouvement de cette eau est omniprésent dans la fresque, on y découvre de l’eau calme, de l’eau agitée, en remous, mais aussi des éclaboussures ainsi que des vagues.»

«Si le thème principal de cette fresque est l’eau, Ankh One a tenu à y souligner le lien avec la terre sous la forme de roseaux disséminés çà et là sur les murs, ainsi que le ciel peint sur la portion métallique des marquises. L’eau vient donc s’y refléter et jouer avec les couleurs d’un soleil qui se lève ou se couche selon l’angle de vue de la station. Une truite y est également représentée pour nous rappeler que l’eau est primordiale à toute forme de vie et qu’il est de notre devoir de la préserver.»

«Un jeu de composition a également été inclus dans la murale. L’architecture linéaire de l’environnement et de la bâtisse se retrouvent dans la fresque sous forme de lignes transparentes.»

«Pour ce qui est des couleurs, Ankh One s’est attaché à choisir des couleurs qui apporteront une touche d’éclat dans un univers industriel et un peu grisâtre. Cet éclat a été pensé pour que l’œuvre soit aussi belle à l’hiver qu’au printemps, à l’été comme à l’automne.»

«Après s’être rendu sur les lieux, il était clair pour l’artiste que le mouvement allait être au centre de sa fresque. Il a donc voulu créer un parallèle entre le flot incessant des voitures, camions et bicyclettes sur cette rue et le flux et reflux de l’eau sur sa fresque. Il a aussi pris en compte que ces personnes en transit devaient pouvoir apprécier son œuvre en un coup d’œil rapide. Il souhaite voir celle-ci comme une respiration visuelle et apaisante pour ces gens, une rupture avec leur environnement linéaire et monotone, un rappel du fleuve si proche mais pourtant invisible.»

  1. Quel est le nom de votre entreprise créative et quels sont les autres projets auxquels vous avez participé par le passé et qui ont embelli le paysage urbain de Montréal?

«Nous sommes le collectif A’shop. Nous avons récemment inauguré notre 200e projet artistique. Parmi nos projets, on peut mentionner notre exposition d’œuvres d’art thermochromiques (qui changent de couleur avec la température) qu’on a présentée à Los Angeles pour la compagnie Lennox Air

«Nous avons aussi peint une 100e œuvre d’art urbaine qui a été utilisée dans la création de l’environnement virtuel du jeu WatchDogs 2 d’Ubisoft. Nous avons peint huit murales d’envergure pour le Programme d’art mural de la Ville de Montréal. À noter également: dans deux semaines, notre équipe se déplacera à Miami pour participer au plus grand festival d’art urbain au monde, l’Art Basel.»

Pour tout savoir sur les initiatives et activités de votre arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, visitez le site Culture MHM au http://culturemhm.com