Dans le cadre feutré d’une petite salle de quartier, la corporation de cinéma Station Vu organise des ciné-causeries, rencontres intimistes entre les artisans du cinéma et les spectateurs. En marge du « glamour et du star system », le cinéma propose au public d’interagir avec les acteurs du cinéma au sens large, des réalisateurs aux comédiens, en passant par le foisonnant éventail des intervenants techniques. Julie-Andrée Héroux, coordonnatrice aux opérations de la corporation Station Vu, et Vincent Biron, réalisateur du film Prank, nous exposent leurs regards croisés sur ces rencontres.

La corporation de cinéma Station Vu a éclos en 2016 dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve autour d’un objectif : ouvrir un lieu d’échanges culturel articulé autour de la structure d’un cinéma de quartier. Station Vu souhaite servir les intérêts de la collectivité et répondre à ses besoins tout en lui permettant d’explorer de nouveaux horizons.

Solidement implantées dans la programmation régulière, les ciné-causeries sont organisées depuis le début de l’aventure. Julie-Andrée Héroux nous explique que les rencontres entre les artisans du cinéma et le public sont au centre la démarche et de la culture de Station Vu, qui est de favoriser la diversité, l’échange et de rehausser l’expérience cinématographique. « L’idée, c’est de donner le goût aux gens de venir en salle, qu’ils ne repartent pas tout de suite après le film en disant « ok, c’est bien », ou « pas bien », ou « j’ai pas compris », mais qu’ils puissent poser leurs questions, ou encore entendre des anecdotes sur le tournage du film ». Et le public ? Il est au rendez-vous ! « Jusqu’ici, le bilan de participation est très positif. Beaucoup de rencontres ont fait salles combles. On voit que le public est intéressé. Les gens nous remercient. Ils passent un bon moment. » Concernant la participation des artisans du cinéma, Julie-Andrée nous répond qu’elle est toujours enthousiaste. « Les artisans sont enclins à venir. D’une certaine manière, ces rencontres s’inscrivent dans la continuité de leurs œuvres. La discussion avec le public après la séance leur permet d’avoir des réactions à chaud, et ça peut donner lieu à des échanges extraordinaires. » Et Vincent Biron d’ajouter  que, face à la compétition qui se joue entre les multiplex et les plateformes du cinéma en ligne, les gens ne vont plus en salle, les cinéastes aspirent à un retour du cinéma de quartier. Le réalisateur nous confie aimer la spontanéité et la vivacité de l’échange avec le public après une projection, comme une « petite école de cinéma » où les réactions sont parfois plus « authentiques que dans les festivals ». « Ce genre d’expérience, ça nous fait renouer avec nos premiers plaisirs de cinéphile.  Les gens voient des choses auxquelles nous n’avons pas pensé. On met beaucoup de nous dans les films, des éléments dont on ne se rend pas forcément compte. En discutant avec le public, on prend conscience de beaucoup de choses et c’est très enrichissant. »

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Le mois de janvier sera encore riche en rencontres au cinéma Station Vu. Le 13 janvier à 19 h 30, la projection du film Pays sera suivie d’une discussion avec la réalisatrice Chloé Robichaud. La semaine suivante, le 19 janvier, Etienne Desrosiers viendra parler de son film, Roger d’Astous. Le 20 janvier, Sophie Goyette, réalisatrice de Mes nuits feront écho, viendra à la rencontre du public après la séance. Enfin, la projection d’Encre et de sang du 27 janvier se déroulera quant à elle en présence d’un invité surprise.

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