lls ne sont pas nombreux, à Montréal, les cinémas qui s’acharnent à proposer un répertoire de films indépendants ou, comme le diraient certains, du cinéma d’auteur. Il y a évidemment le Beaubien et le Cinéma du Parc, mais, outre ceux-ci, il y a un secret bien gardé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve : le Ciné-club Caserne 45. Enfin, si vous habitez le quartier, ce convivial rendez-vous de cinéphiles n’est certainement pas un secret pour vous. Lundi, le 5 décembre, Culture MHM s’est rendu sur place afin de prendre le pouls des habitués du Ciné-club Caserne 45.

Une sélection de films pas piquée des vers

Malgré la neige qui s’était abattue sur la ville, les cinéphiles étaient au rendez-vous pour la projection hebdomadaire du Ciné-club Caserne 45. Ce soir-là, à la maison de la culture Maisonneuve, le film projeté était Truman du réalisateur espagnol Cesc Gay. Après avoir acheté leur billet au coût de trois dollars, les spectateurs se dirigeaient tranquillement vers la salle de projection prenant au passage du maïs soufflé offert gratuitement et un coussin pour s’installer confortablement sur leur chaise.

Cet automne, les assidus du Ciné-club ont aussi pu voir des films comme Ma Mère de Nanni Moretti, Le Homard de Yorgos Lathimos, Montréal la blanche de Bachir Bensaddek, La loi du marché de Stéphane Brizé et Avant les rues de Chloé Leriche. Le Ciné-club a aussi proposé des documentaires comme Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent et Pipelines, pouvoir et démocratie d’Olivier D. Asselin. En plus des longs-métrages, les cinéphiles ont parfois le droit à des courts-métrages en ouverture. Certains artisans de ces films viennent d’ailleurs présenter leur œuvre. Récemment, le Ciné-club a reçu la réalisatrice Chloé Leriche, le réalisateur Olivier D. Asselin et le scénariste Vincent Cloutier.

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Des spectateurs à la recherche d’un cinéma de qualité

Rassemblés dans le hall de la maison de la culture Maisonneuve, les spectateurs du Ciné-club Caserne 45 attendaient l’ouverture des portes de la salle de projection. Culture MHM en a profité pour interroger ces cinéphiles sur leurs goûts cinématographiques et sur les raisons qui les font se déplacer au Ciné-club… même par un jour de neige.

Pierre Durand n’en est qu’à sa troisième sortie au Ciné-Club Caserne 45, mais il apprécie ce rendez-vous hebdomadaire. Ici, il peut entendre des artisans du cinéma parler de leurs films et échanger avec d’autres cinéphiles. Il est d’ailleurs satisfait de la place qui est faite aux films québécois puisque ce sont ceux qu’il préfère que ce soit Avant les rues ou La Postière de Gilles Carle.

Pour Gérard et Diane Tellier, venir au Ciné-club est leur sortie hebdomadaire père-fille. Pour eux, la proximité et la sélection de films sont les deux facteurs qui les ont fidélisés. Pour le père, son goût du documentaire a été comblé lorsqu’il a vu Demain, une production française qui se penche sur les problèmes environnementaux et les solutions qui pourraient leur être apportés. Pour la fille, le Ciné-club lui permet de voir des films indépendants qu’elle préfère aux films plus commerciaux.

Carole Ouellet est venue quelques fois déjà au Ciné-club pour sa sélection de films qui l’a interpellée. Elle est une cinéphile qui aime plusieurs genres que ce soit les films d’espionnage ou les films biographiques.

Bien qu’Huguette et Rodrigue ne soient pas du quartier – ils viennent de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie -, ils ne manquent aucune projection. Huguette n’est pas difficile dans ses choix de film, tant qu’il n’y a pas une profusion de violence. De temps en temps, elle apprécie un film romantique. Pour sa part, Rodrigue préfère les documentaires.

Que ce soit pour les films, le lieu ou le petit prix, le Ciné-club Caserne 45 s’est constitué un public fidèle et amateur de films qui sortent des sentiers battus. Nul doute que la programmation de l’hiver 2017 sera à la hauteur de leurs attentes.

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Pour plus d’information, visitez la page Facebook du Ciné-club Caserne 45.