Dans le but de célébrer dignement la Journée internationale des femmes, Culture MHM vous présente trois femmes d’exception qui, chacune à leur façon, ont marqué leur époque.

Anne Courtemanche – sage-femme

Au début du XVIIIe siècle, Anne Courtemanche (1666-1731) vit à la Côte St-François (aujourd’hui Mercier) avec son mari Laurent Archambault. Elle exerce à St-François, St-Léonard et Rivière-des-Prairies le seul métier auquel pouvait alors prétendre les femmes : celui de sage-femme. On retrouve la mention de son nom dans plusieurs actes de baptême et de sépulture lorsque l’enfant est ondoyé (signé d’une croix par une personne non ordonnée prêtre). On peut croire qu’elle a été formée par sa belle-sœur, Anne Archambault, sage-femme qui a servi d’expert pour le tribunal dans plusieurs causes judiciaires.

Les femmes accouchaient souvent dans la position assise. Les sages-femmes sont expertes dans l’utilisation des plantes médicinales comme l’ergot, un champignon du seigle, pour soulager les douleurs de l’accouchement, ou la belladonne pour éviter les spasmes pouvant conduire à une fausse couche. Preuve de notoriété, les sages-femmes doivent être élues par les femmes du village. Pour souligner son travail, une rue de Mercier porte aujourd’hui son nom.


Source : UQTR, Baccalauréat en pratique, sage-femme

Cléophée Têtu – Soeur, soignante

Transportons-nous au XIXe siècle pour parler de Cléophée Têtu (en religion sœur Thérèse-de-Jésus). Née à St-Hyacinthe en 1824, elle entre officiellement dans la congrégation des Sœurs de la Providence en juillet 1846. Elle va soigner les immigrants irlandais malades du choléra pour ensuite diriger des orphelinats à Burlington au Vermont, puis Valparaiso et Santiago au Chili. De retour au pays, elle signe en 1873, à titre de mandataire des religieuses, un contrat notarié avec le premier ministre du Québec, Gédéon Ouimet, pour l’établissement d’un asile d’aliénés qui portera le nom de St-Jean-de-Dieu. Elle entreprend un voyage aux États-Unis avec l’architecte pour trouver le meilleur plan possible pour ce type d’établissement.

L’établissement ouvre ses portes en 1875. Dans les années qui suivent, elle fera construire des bâtiments de service, aménager un immense jardin potager, installer l’électricité et agrandir les terrains de l’asile. En 1889, elle fait une tournée de 40 asiles en Europe, aux États-Unis et dans le reste du Canada pour de futures améliorations à l’asile. Malade, elle doit s’aliter au retour et c’est impuissante qu’elle assiste à l’incendie de l’asile le 6 mai 1890 qui fera 86 victimes. Neuf jours plus tard, elle est au travail pour préparer les plans des pavillons temporaires qui logeront les patients. Le travail de construction des pavillons rouges sera effectué…en trois mois. Elle meurt le 22 novembre 1891. Sa pierre tombale se trouve aujourd’hui dans une section du Repos St-François d’Assise. Une rue porte aujourd’hui son nom dans Mercier.

 


Source : Archives des Soeurs de la Providence

Marie-Magella St-Martin – Aviatrice de guerre

Dans le même cimetière repose le corps d’une héroïne méconnue de la Seconde Guerre mondiale : Marie-Magella St-Martin (1922-2001).
Durant ce conflit, les femmes ne sont pas autorisées à combattre. Le Canada va former un service féminin d’auxiliaires puis, en 1941, le Service auxiliaire aérien. Leur mission est de transporter en Angleterre les avions fabriqués au Canada et destinés aux Alliés. Elles doivent savoir piloter différents types d’avions militaires (bombardiers, chasseurs, avions de reconnaissance, etc.). Marie-Magella St-Martin fera partie d’une escadrille dont elle deviendra chef aviatrice. La mission est périlleuse car, si la Luftwaffe a perdu de nombreux avions durant la bataille d’Angleterre en 1940, elle demeure toujours une menace pour les avions militaires qui traversent l’Atlantique.

Une condition d’embauche est qu’elles devaient être célibataires. Contrairement à certaines Américaines inhumées à Arlington, on refusera à ces aviatrices canadiennes le droit d’être enterrées dans un cimetière militaire.

Source : Projet Mémoire, Bibliothèque et Archives Canada